Cette animation proposée dans le cadre de la SSI (Semaine de la Solidarité Internationale) par 3 associations : Touraine Madagascar, Peuples Solidaires et le CCFD Terre solidaire, le 20 novembre dernier, a réuni une soixantaine de personnes à la salle de l’Entraide Ouvrière à Tours.

Cette soirée comportait 3 volets pour illustrer le problème de l’accès à la terre. Chaque intervenant devait déterminer le statut des terres dans chaque pays.
Mamy Ratrimoarivony a indiqué qu’à Madagascar la confiscation des terres par l’entreprise Daewoo (la moitié des terres arables de Madagascar) n’a été révélée à la population malgache que quelques mois après la signature d’un « contrat » entre le gouvernement malgache et cette multinationale.
Au Mali, Michel Rochou de l’association Agriculteurs Français et Développement International (AFDI) nous indique que culturellement les maliens qui étaient, à l’origine des agriculteurs nomades, ne se sentent pas attachés à leur sol. Il rappelle que l’achat et la location des terres sont facilités par la faiblesse des Etats.
En Afrique du Sud, j’ai expliqué que le problème de l’accès à la terre trouvait son origine notamment dans l’histoire : la colonisation et l’apartheid. Autre difficulté dans les « native reserve » qui deviendront « bantoustan » la terre était et reste la propriété de l’Etat mais la gestion a été confiée à des chefs traditionnels.
Le processus de redistribution des terres vers les populations historiquement défavorisées se heurtent à de nombreuses difficultés et l’objectif de restituer 30% des terres vers les fermiers noirs et métis en 2014 ne sera pas atteint.
La réforme du foncier dans les Bantoustans est encore plus épineuse car les demandes sont contradictoires entre les tenants de la propriété communautaire (défendue par les ONG) et le syndicat des fermiers noirs qui défend la propriété individuelle.
L’assistance a retenu que les modes d’action en France pour faire face à ces évolutions restent l’information, la participation à des associations de la société civile et bien sûr le don aux ONG.

Il a été relevé que nos modes de consommation ne sont pas anodins et ont des répercussions sur les pays en développement. Par exemple notre consommation importante de viandes carnées qui entrainent en Amérique du Sud des conséquences comme la déforestation, l’expulsion de petits paysans….pour produire du soja.
La consommation en local et en direct via des AMAP présente un intérêt évident sur le plan social et environnemental.
Dominique Boiron