Les jeunes se bougent au Nicaragua !

Ils résistent, ils innovent, ils positivent. Par leurs initiatives, ils nous invitent à bousculer nos modes de pensée. Portraits de jeunes partenaires du CCFD.

Yolanda et les maquilas

Yolanda habite San Rafael, quartier semi-rural de Tipitapa, grande banlieue de Managua. Elle a 14 ans et est en 3ème année de secondaire. C'est la secrétaire du groupe Joc du quartier, qui rassemble un peu plus de 15 personnes.

Yolanda est l'aînée de 5 enfants. Sa mère, célibataire, travaille dans une maquila de la zone franche Las Mercedes, la plus grande et la plus ancienne du pays. Elle y est de 7 heures à 19 heures quand il n'y a pas d'heures supplémentaires ou d'obligation de rester pour finir le travail. "Elle travaille dans l'emballage : elle emballe les vêtements, leur colle des étiquettes."  Pour la soulager, Yolanda s'occupe de ses frères et soeurs, prépare les trois repas de la journée et fait les travaux ménagers. Elle se lève tôt pour avoir de l'eau : l'entreprise de distribution donnant la priorité à la zone franche, plus rémunératrice, le quartier n'a l'eau courante qu'entre 4 heures et 6 heures du matin.

Veronica et Yolanda Yolanda participe aussi financièrement à la vie du foyer : avec son amie Veronica, de la Joc, elle vend des tortillas, galettes de maïs cuites au feu de bois. Comme il n'y a école que le matin, elles préparent les tortillas tout l'après-midi. En les vendant aux gens du quartier, elles gagnent environ 50 cordobas (2 euros) chacune. Avec cette somme, Yolanda aide beaucoup sa mère : "avec sa paie elle ne peut que faire les provisions. Moi j'améliore un peu nos repas et je l'aide pour ses tickets de bus." Car ses employeurs ne participent pas aux frais de transport jusqu'au lieu de travail. Faire des tortillas c'est "épuisant" : Yoland et Veronica passent l'après midi debout dans la fumée et la chaleur, elles ont des maux de tête et des brûlures à répétition. Elles préfèreraient faire des ménages car "c'est un bon travail !" Lorsque les tortillas se vendent vite, Yolanda retrouve ses amis pour discuter ou jouer au basket avant de préparer le dîner.

Yolanda promeut le droit du travail avec la Joc

Participer au groupe Joc est très important pour Yolanda : "cela m'a beaucoup aidé à changer ma personnalité et à apprendre à me défendre, à utiliser tout ce qui se dit dans les réunions et faire connaître la réalité des femmes, leurs droits pour qu'elles ne se laissent pas exploiter, violenter par les hommes." Cela lui a permis d'améliorer son estime de soi et aussi d'acquérir des éléments de compréhension sur les maquilas. Elle y a rencontré d'autres jeunes avec qui agir pour leur quartier et pour la communauté.




Une maquila, qu'est ce que c'est ?